Angoulême 2019, 33ème Festival OFF de La BD Chrétienne : Un parcours marathon

Pour moi c’est un retour particulier, sur un lieu de vie avec Solange WEISS que nous avons quitté il y a sept mois pour nous installer à Montpellier.

Jeudi 24 en après-midi
Retour seul, pas de Solange qui est tenue par son ministère, ni de Roland en difficulté de santé, ni d’autres accompagnants, tous ont déclaré forfait.
Me voilà délégué plénipotentiaire (voir dictionnaire) par Roland pour « faire la bise » à toutes et à tous. Quand on sait que faire la bise de tradition en Charente c’est trois bisous, faites le compte au bout de quatre jours de rencontres et de partages …
Délai court, entre l’arrivée du train en gare d’Angoulême, le parcours à pied avec une grosse valise vers Saint-Martial, pour être à temps à la présentation du Prix de la BD chrétienne et des prix œcuméniques.
La scénographie des enfants est amusante, mais leurs interventions verbales sans papier sonnent vrai.

Le Lapin Bleu « Scandale à Jérusalem » de J-B Coolus, est le prix international 2019 de la BD Chrétienne d’Angoulême.
J’ai toujours eu des difficultés à lire cette BD.  Aussi, le samedi, ai-je assisté à la conférence de Jean-Baptiste Coolus, ce qui m’a permis de comprendre la démarche de l’équipe qui est derrière lui. Ils, « la communauté de la Croix Glorieuse », ont consacré 10 ans de temps libre pour 3 volumes. Une œuvre, … un travail encyclopédique tant le nombre d’allusions cachées et de références bibliques sont foisons. Il serait utile de transformer cette œuvre en jeux comme trivial poursuit ou similaire. Je vous conseille de consulter le site du Lapin Bleu pour en apprendre plus sur le travail de fourmi de l’auteur et de l’équipe de Coolus. Bravo à cette équipe.

Pour les autres prix je vous renvoie à leur site BD chrétienne : www.bdchrétienne.net

Après bien des «bises», tour du site de St-Martial, prise de température pour la zone d’animation réservée à Loupio qui, demain, invite au tir à l’arc … !
«Temps de pose» à la cathédrale pour les vernissages des expositions «Le Mystère de l’icône cachée» et «Le Voleur d’Estampes». Superbes dessins. Rencontres avec Jean Evesque et Marie-Noëlle Lepeu respectivement dessinateur de la BD «Le Mystère de l’icône cachée» et l’animatrice d’un atelier d’information sur la réalisation d’icônes. Dixit M-N Lepeu : «la lumière vient de l’intérieur de l’icône et pas d’une lampe ou du soleil ».

Les deux dessinateurs et Bernard Baluteau, président du BDAC.
Les deux dessinateurs et Bernard Baluteau, président du BDAC.
Pierre Alary

 

Seconde « pose » au temple pour le vernissage de l’expo de «Mon Traître» à «Retour à Killybegs», une co-production de l’APVBD et éditions de la RUE DE SÈVRES. L’expo est une très belle mise en perspective de ces BD.

 

Le dessinateur n’étant disponible que cette soirée, la file d’attente pour une dédicace de Pierre Alary est longue, j’y ai passé plus de ¾ d’heure.

 

 

 

Installation, enfin, chez mes hébergeurs, Agnès et Bob. Repas avec un jeune qui prospecte le milieu de la BD pour en faire son métier et avec Bénédicte Jeancourt (la bible en BD), soirée qui se termine vers … aux petites heures ! Malgré tout, au lit, lecture de la BD «Mon Traître». Je n’ai pas bien dormi.

Vendredi 25
Aux aurores, remise en route. Je me suis engagé à seconder, dans la mesure du possible, Jean-François Kieffer dans son animation de tir à l’arc, illustrant son dernier album « Loupio l’archer ». JFK ne faisant pas les choses à moitié, est absent ce matin et moins valide pour l’après-midi.

 

 

C’est la journée des gamins des écoles. Me voilà costumé XIIème siècle, pour cette prise en charge, mi-tir, mi-information sur le moyen âge. Pas facile de mettre mon vocabulaire à la portée de jeunes de 6-7 ans, pour ceux de 8-9 ans c’est déjà plus aisé.

Que d’étoiles dans leurs yeux, quelle avidité de toucher tous ces objets d’un autre temps et d’essayer de se montrer le meilleur archer.

 

Nous avons tiré à l’arc dans l’église Saint-Martial ! ! ! Une journée entière. Un défi lancé l’an passé avec JFK et que la maison d’édition de Loupio a sponsorisé en arcs, flèches, carquois, capes, … et des prix pour les meilleurs archers.

Ce fut un très bon moment pour moi. Il fut très apprécié par les instituteurs et par les parents qui encadraient les groupes d’enfançons.

 

 

 

 

Déjeuner à la cure et retrouvailles. Un moment de pose et de joie. Merci l’équipe de bédévoles de la cuisine et à Michel (curé de la paroisse de la cathédrale).

Visite d’une expo OFF de l’officiel, à l’hôtel du département, « Saint Sat’, un pas si vilain petit canard » (Audrey Sedano & Johan Pelzer) éditions du Petit Saturnin une œuvre locale ayant pour héros un canard armé chevalier, qui se balade pour présenter le village de St Saturnin et une partie de ses environs en Charente. Clin d’œil pour mon passage dans ce « pays ». Et passage aussi, chez des voisins de notre « logement » précédant.

La soirée est œcuménique, au temple. Jean-Pierre Molina, un habitué, lance cette rencontre, par une prédication dessin. Thème « la trahison », il y a un rapport avec la BD de l’expo du temple. La prédication se base sur des textes de l’ancien testament.

 

Les intervenants de cette rencontre co-auteurs : catholiques (Michel Mangy), protestants réformés et évangéliques, prêche du pasteur Jeff Comba, le tout en total adéquation et sensibilité.

La soirée était un très bon moment de recueillement et d’accueil de l’autre.

On redemande cet état d’esprit œcuménique.

 

 

 

 

 

 

La fin de soirée chez Bob et Agnès avec les hébergés d’hier, son fils et sa fiancée, fut un prolongement intense des rencontres de la journée. Fin de la lecture de « Mon Traître ».

 Samedi 26
Les yeux à peine en face des trous me revoilà au temple pour la table ronde, « Du roman à la BD, ou l’art de dessiner les mots », BD qui n’a rien à voir avec les expos OFF Chrétien.

Elle a pour titre : « Nymphéas Noire », chez Air Libre (Fred Duval, Michel Bussi et Didier Cassegrain).

À table de gauche à droite : un modérateur : Hans Lung pasteur, le scénariste : Fred Duva, le romancier : Michel Bussi, le dessinateur Didier Cassegrain

Salle comble, public très attentif, la cerise sur le gâteau, le plaisir de constater que les trois protagonistes de la réalisation de cette œuvre, en BD, s’entendent, pour de vrai, comme larrons en foire. Chacun percevant l’intérêt de l’utilité du scénario du roman, des contraintes du découpage pour en faire une storyboard de BD et en final des limites du graphisme.
Pour M. Bussi, il n’y a pas eu comme souvent pour les feuilletons Télé, de trahison de son œuvre, donc que du bonheur.
Pour Fred, qui avait déjà travaillé avec M. Bussi avait trouvé que son roman était adaptable.    La BD a plus de possibilité de garder l’écriture que le cinéma.

3 contraintes :

  • Ne pas trahir les émotions,
  • La technique de la BD doit s’adapter visuellement à l’écrit,
  • Comment passer de 600 pages à 130-135 planches.

C’était le moment le plus compliqué, c’est beaucoup de travail, donc aussi un moment de deuil, car tout n’est pas possible en BD. Cela a bluffé Michel Bussi. Les notes de Fred sont comme les notices d’IKEA. Pour les non-dits, beaucoup repose sur le dessinateur.
Nous en sortons avec une bonne perception des contraintes et la nécessité d’écouter l’autre. Super.

Repas à la cure, le bain … : brassage des questions, … de quêtes d’informations pour de nouveaux moyens de production, de financement, … d’autres retrouvailles. Pas de sieste dans ce programme.

En après-midi la conférence de Coolus citée plus haut, suivie de la conférence « BD et philo sont dans un bateau : l’aventure des indices pensables » de Brunor. Conférence resituant l’œuvre et les derniers rebondissements dûs aux faussaires du concept «LOGOS», passionnant pour un public averti, passionné et un tantinet érudit. Le tout, entrecoupé d’initiations au tir à l’arc.

19h à la cathédrale, messe du festival : pour des moments de silences méditatifs, d’intériorités, les dessins de Shun, une présence plus sensible au divin.
Mais moins d’intimité, car pour officier, il y a : un archevêque, deux évêques, neuf prêtres, deux diacres. La cathédrale est pleine. Homélie d’Hervé Gosselin, évêque, sur « Messe du festival de la BD d’Angoulême ».

Suit … le repas des BéDévoles, encore un beau moment de convivialité de partage, d’animations plus ou moins spontanées, votre serviteur en archer «expert», dixit JFK, pour montrer (2 tirs ratés), guider deux équipes de candidats archers, les bédévoles contre les «auteurs», JFK au micro en commentateur. Les deux équipes après 8 flèches, ne se départageant pas, Tristan prend l’arc pour remontrer comment tirer, et là … pan dans le mille, … ceci, après un temps de prière, clôturât une soirée de bien-être communautaire.

Au bercail, pas de veillé, mais un plumard confortable et la lecture de la suite de «Mon Traître», tome II «Retour à Killybegs» toujours aussi prenant.

Dimanche 27
Jour plus calme … culte à l’église évangélique. Après la trahison … le pardon, très belle liturgie de Jean-Philippe Darrigade et de Thierry Touzet, dans un texte remanié de «Mon Traître» et de lectures d’évangile sur le pardon, un «mixte» d’une spiritualité très réussie. Prêche de Jeff Cambo sur «eelangouleme.fr». Mon festival s’est poursuivi par un repas convivial en famille chez la présidente de l’église protestante unie, Valérie Pousset. L’après-midi, enfin, je débarque dans « le festival officiel – Espace Nouveau Monde » c’est d’un bruyant, c’est la cohue, l’accès au stand est difficile. Je suis loin de la convivialité du/des festivals OFF. Repérer une BD et un éditeur intéressant est compliqué. Au bout d’une heure et demie, non satisfait, je m’en retourne à la cathédrale et au temple pour y faire un dernier tour et dire au revoir et « rentre » à St-Martial pour aider au démontage.

La soirée se passe au resto avec des amis protestants, Paola et Philippe avec qui Solange et moi sommes en relation étroite.

Le bilan du « Festival OFF de la BD chrétienne 2019 » est très positif. De l’avis de toutes et tous ce fut une très bonne cuvée. Merci à tous ceux et toutes celles que j’ai rencontrés.
Merci pour leur accueil, les partages, les sourires et les confidences.

Marc, dit Tristan de Castelbraine