“De lys, d’Azur étoilé, et d’un Cœur enflammé” Une vie de Saint Philippe NÉRI

Marie Staebler (Mariamaris) , Florent Jacques, Editions Cor ad cor
ISBN 978-2-9569474-0-0

Voici la première biographie de saint Philippe Néri en bande dessinée.

Cette publication à notamment été rendu possible via la souscription réalisé via le site Credofunding.

Le  » Saint de la joie chrétienne « , Philippe Néri, est né à Florence en 1515.

Après une expérience spirituelle forte, il arrive à Rome vers l’âge de 20 ans.

Dans la Rome de la fin de la Renaissance, où les papes et les cardinaux rivalisent de fortune et de faste, Philippe Neri s’attache à faire redécouvrir à chacun l’essentiel. Car sous son air bonhomme se cache une passion dévorante pour le Christ et l’Eglise, et s’il reste toujours souriant et heureux, c’est qu’il connaît et montre la source de la vraie joie.

Un groupe d’amis se forme autour de lui et va prendre le nom de la Confédération des oratoriens de Saint Philippe Néri  (en latin Confoederatio Oratorii Sancti Philippi Nerii).

Sa devise est :  » La charité suffit » Parmi ses amis se trouve le père Antonio Gallonio qui entreprend de réaliser la biographie de Saint Philippe.

Et voici donc comment commence notre histoire.

Nous suivons la naissance de l’Oratoire dans lequel se réunissent des personnes de toutes conditions pour méditer l’Écriture Sainte, visiter les malades, et prier avec un goût pour  le chant et la belle liturgie. Le genre musical « oratorio » (récitatif sur des paroles bibliques) trouve d’ailleurs là son origine.

Et pour finir ils font aussi le fameux « Pèlerinage aux sept églises ».

Chaque année, pendant le carnaval, Philippe Neri emmène des habitants de Rome pour visiter les basiliques antiques perdues dans la campagne, visites effectuées dans la joie, le recueillement, et le chant. Une belle séquence de l’album parfaitement mis en image par la dessinatrice.

Philippe Néri devient peu à peu le confesseur de plusieurs papes et de nombreux évêques et cardinaux, entraînant la tête de l’Eglise à admettre la nécessité d’une réforme intérieure profonde et radicale face à la réforme protestante récente.

Son secret, c’est la Pentecôte de 1544. À 29 ans, l’Esprit Saint prend possession de lui, l’embrase de son feu qu’il peut transmettre à tous ceux qui sont attirés par son joyeux rayonnement.

A sa mort, en 1595, les Romains lui attribuent guérisons, conversions et miracles ; ils commencent à l’invoquer et à le prier bien avant que l’Eglise ne l’élève sur les autels. Un homme joyeux, hors norme, extravagant, profondément individualiste, voilà l’apparence insolite sous laquelle se présente Philippe Neri, amateur de plaisanteries et de bonne musique, et l’un des plus grands saints de l’Eglise. Il est canonisé le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV, son caractère enjoué lui valut le surnom de « Saint de la joie ».

Une magnifique BD, pour un saint méconnu. Un album réalisé en couple par Florent Jacques qui est le scénariste et par Marie Staebler ( Mariamaris ) sa femme qui en est la dessinatrice. Le dessin est splendide. Chaque page est un régal pour les yeux.

Côté scénario, pas grand chose à redire la lecture est fluide est agréable même si il ne faut pas perdre le fil, car quand on ne connaît pas le personnage, pas toujours évident de bien suivre l’histoire.

Un dossier en fin d’album aurait été bienvenu pour combler cette lacune…
Mais vous l’aurez compris, c’est un bon album, il est d’ailleurs sélectionné pour le concours de la BD chrétienne à Angoulême. Espérons le premier d’une longue série pour ce couple d’auteurs.

Cédric Liochon
Plus d’informations sur : https://coradcor.fr/

A propos de l’album…

Cet album étonne d’abord par ses dimensions… il est plus grand que la plupart des albums de BD (32 cm x 22,5 cm ) et dépasse donc allégrement lorsqu’il est classé entre d’autres. Est-ce la signature de l’éditeur Cor ad Cor ? Cet album est cartonné et compte 62 pages.

De l’humour dans l’histoire ? Oui car le héros en avait lui-même beaucoup mais alors pourquoi n’avoir utilisé que des couleurs de type sépia foncé ? Ce n’est pas très amusant et même dommage ; un peu de couleurs vives auraient donné plus de joie à l’image du personnage. Quelques pages montrent des cases très classiquement rangées les unes à côté des autres mais la dessinatrice rivalise de talent dans d’autres en faisant chevaucher  les cases entre elles de haut en bas et inversement rendant parois la lecture un peu compliquée c’est vrai mais c’est assez original. Certaines pages ont un nombre élevé de cases (parfois même 13 !) mais c’est pour mieux cerner les dialogues et n’est pas dérangeant à lire.

Le scénario paraît complet mais il est nécessaire de bien suivre l’histoire sous peine de perdre assez vite les pédales dans les aventures de Philippe NERI. Un petit regret : parfois les textes sont rédigés fort petits pour des yeux âgés (c’est mon cas, sorry) mais dans l’ensemble, on éprouve du plaisir à découvrir dans ces beaux dessins, la vie tumultueuse de Saint Philippe NERI.

Michel MAES